Les seuls accès « ouverts » à l'eau douce sont des trous d'eau, grandes percées dans la surface de l'île qui permettent un accès direct à la nappe phréatique. Par ailleurs le sous-sol de Lifou est truffé de grottes qui constituent un immense réseau.
Lifou fait partie des îles Loyautés, ensemble d'îles se situant environ à 120 km à l'est de la Grande-Terre de Nouvelle-Calédonie.
Surface : 1200 km² – 70 km de long sur 30km de large au maxi.
C'est une île d'origine volcanique très ancienne. En fait c'est un ancien volcan, érodé puis transformé en atoll, puis re-soulevé. Le pourtour de l'île est donc légérement surélevé (sauf dans les anciennes passes) et le centre est un grand plateau à 30m d'altitude en moyenne.
Le sol est donc strictement constitué de corail fossilisé et de « xatcha » roche molle détritique faite de sable compacté. Le sous-sol est totalement poreux, il n'y a aucune rivière ou lac.
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La couche de terre est très mince et donc dificilement exploitable. La quasi-totalité de la surface de l'île est recouverte de forêt et l'on considère que 70% de la surface de Lifou est constituée de forêt primaire. C'est donc un espace naturel exeptionnel totalement sauvage très peu connu et étudié.
- Voilà pour la terre... et la mer? -
Il n'y a pas ou quasi-pas de Lagon autour de l'île, quoique plutôt plate, Lifou est une grande montagne au milieu de la mer... les fonds sont en moyenne de 200m à 200 m du bord ! On est donc directement en haute mer dès qu'on s'éloigne un peu de la côte et l'on croise donc des espèces du large près du bord. Les fonds sont très accidentés passant de 1200m à 0 m en à peine 1 mille et il y a quelques failles et hauts-fonds très intéressants dans la zone. Tout ceci crée donc des courants et des brassages d'eau très propices au développement du plancton, donc des petits poissons et céphalopodes qui nourissent des poissons moyens, des plus grands, des cétacés et des oiseaux... Autre avantage : toutes ces zones de fonds accidentés sont des endroits délicats pour poser des long-lines ces palangres de plusieurs kilomètres très utilisées par les pêcheurs « industriels »dans ce secteur du Pacifique.
Bref, le milieu marin est lui aussi plutôt bien protégé et le nombre d'espèces que l'on peu y croiser est en conséquence...
Mais les conditions de mer sont souvent difficiles: l'alizé (de secteur Sud-Est) souffle toute l'année et très souvent au-delà des 15 Kt, limite au-delà de laquelle notre petit bateau ne nous permet plus de sortir. En moyenne nous avons moins de 100 jours de mer favorable dans l'année. Nous passons donc aussi beaucoup de temps à terre...
- Et qui vit là ? -
Les Iles loyautés, dont Lifou fait partie, constituent administrativement la Province des Iles, et ces terres ont un statut bien particulier: elles ont été définies par l'Etat français il y a bien longtemps « réserve autochtone ». En clair, la terre appartient strictement aux populations kanaks qui vivaient là avant l'arrivée des premiers européens et elle se transmet au sein des familles, des clans et n'est pas vendable. Pas de risque donc de voir des gros promoteurs installer de magnifiques hôtels en béton sur les plages. L'organisation sociale est très codifiée et régie par un ensemble de règles, de gestes, de paroles: la coutume.
Ici la vie est donc à la fois proche des traditions et ouverte sur le monde « moderne » avec ce tout que cela représente comme bouleversements... positifs et négatifs.
La population est d'environ 12 000 habitants (pas beaucoup pour une île aussi grande que la Martinique): en très grande majorité des lifous et quelques métros et autres migrateurs plus ou moins installés. Il y fait donc sacrément bon vivre si tant est qu'on sache ouvrir ses yeux et ses oreilles avant sa bouche...
OH